Calque-13
Cired2

à la découverte de nos laboratoires

Céline Guivarch

Directrice de recherche au sein du CIRED

Le CIRED a pour mission d’étudier comment articuler environnement, ressources et développement, notamment dans les domaines stratégiques de l’énergie, des infrastructures urbaines et des activités agricoles.

En quoi les recherches du CIRED servent-elles l’enjeu de la gestion maîtrisée des ressources énergétiques ?

Au CIRED, nous nous intéressons aux tensions et synergies entre développement et gestion des ressources naturelles, dont l’énergie. Nous analysons par exemple les résultats des politiques d’atténuation des changements climatiques mises en œuvre, comme le marché européen de quotas d’émission, le soutien aux énergies renouvelables, ou encore les technologies de capture et stockage géologique du dioxyde de carbone. Nous évaluons aussi les conséquences des politiques annoncées ou envisagées comme l’architecture climatique internationale ou les réformes fiscales « vertes ». L’objectif est d’étudier l’efficacité de ces politiques, leurs coûts, leur articulation en intégrant d’autres paramètres comme le développement (croissance, emploi, équité…), les enjeux sociétaux et les controverses qu’elles soulèvent.

Vous travaillez notamment sur un modèle intégré Économie Energie Climat. Quelles sont les applications et les technologies utilisées ?

Les modèles pour la prospective de long terme et l’évaluation des politiques de développement durable doivent intégrer les savoirs des économistes, des ingénieurs, des climatologues et d’autres acteurs (politiques, industriels, associations). Pour répondre à ce défi, le CIRED développe l’architecture de modélisation IMACLIM qui intègre des visions « d’ingénieur » au niveau sectoriel dans un cadre d’équilibre général calculable, prenant en compte des mécanismes de second rang (imperfection des marchés, des anticipations…). Cette modélisation se décline en deux versions de projection : IMACLIM-S et IMACLIM-R. IMACLIM-S projette un cliché de l’économie d’un pays ou d’une région à un horizon donné, en tenant compte des contraintes liées d’une part aux interdépendances macroéconomiques, et d’autre part à l’éventail des possibilités techniques. Il permet notamment d’évaluer les impacts macroéconomiques et distributifs d’une contrainte carbone (taxes, quotas). IMACLIM-R projette quant à lui l’économie comme une succession d’équilibres statiques annuels reliés par les dynamiques de croissance démographique, d’accumulation du capital et de changement technique. IMACLIM-R est utilisé pour réaliser des scénarii de long terme d’évolution des systèmes énergétiques et évaluer des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Modéliser les politiques de développement
durable pour évaluer leur efficacité et mieux
gérer les ressources énergétiques »

Quels partenariats nouez-vous et pour quelles avancées majeures dans votre secteur ?

La dimension de réseau international de partenaires est stratégique pour traiter d’enjeux qui sont à l’échelle du monde. Les recherches développées avec notre modèle IMACLIM-R monde se font en coopétition avec les grandes équipes mondiales aux USA, aux Pays-Bas, en Italie, au Japon, en Grande-Bretagne, en Allemagne ou en Autriche. Les avancées sont également stimulées et promues dans le cadre de projets de collaboration gérés par l’Integrated Assessment Modeling Consortium ou par l’Energy Modelling Forum piloté par l’université de Stanford. Par exemple, ces partenariats avec leur masse critique permettent les développements des modèles et des avancées majeures, comme le traitement de l’incertitude dans ces modèles, ou la représentation des comportements des ménages.
Nos exercices de prospective se font le plus souvent en lien direct avec des industriels dans le cadre de programmes de long terme, comme la chaire industrielle Modélisation prospective et développement durable ou l’Institut pour la Mobilité Durable.

Pour un organisme de recherche reconnu au niveau international comme le CIRED, que représentent les dons ?

Les dons sont stratégiques. Le CIRED est un laboratoire mondialement reconnu. Nous jouons un rôle majeur au sein des organisations internationales. Préserver cette notoriété impose de rester innovant, performant et réactif, ce qui nécessite des moyens financiers et humains à la hauteur de la concurrence internationale. N’oublions pas que la gestion des ressources énergétiques devient un enjeu économique crucial et que toute technique permettant cette gestion sera source de revenus. Soutenir le CIRED c’est donner des ressources pour le développement durable.

Cired8

 

Découvrez les autres interviews