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Un nouveau modèle de collaboration à la fois porteur pour les entreprises, les étudiants et les chercheurs

Depuis février jusqu’à début juin, 4 étudiants motivés ont participé à une nouvelle forme pédagogique que l’École souhaite mettre en place en 3ème année à la rentrée scolaire de 2017. Il s’agit de répondre à un sujet complexe confié par un « commanditaire » qui est une entreprise ou une institution, désireux de faire défricher ses problématiques avant de les confier à des prestataires extérieurs. La demande est prise en charge par une équipe largement pluridisciplinaire d’élèves, investis à plein temps durant tout un semestre, encadrés au fur et à mesure par des chercheurs et des enseignants issus du monde économique.
Notre « groupe pilote » a été sollicité par la Start-up « Supraways », qui a pour ambition d’améliorer radicalement le transport urbain de voyageurs au moyen d’un système de PRT, « Personal Rapid Transit », qui associe des cabines de 6 places, électriques et conduites automatiquement, et un ensemble de voies réservées, implantées en élévation. Les cabines seraient suspendues et rouleraient sur des rails contenus dans une « poutre », elle-même soutenue par des piliers. Cette infrastructure serait légère en raison de la masse limitée de chaque cabine. La problématique confiée au groupe est d’adapter un tel système afin d’améliorer le rayonnement d’une gare ferroviaire du Grand Paris Express sur son voisinage jusqu’à quelques kilomètres.
C’est un véritable groupe de travail, réunissant différents interlocuteurs dans une logique de partage et de mise en commun de compétences complémentaires, qui s’est réuni régulièrement dans la grouillante Halle aux Projets aux allures industrielles.

Bénéficiant d’un cursus adapté, le temps d’un semestre, les élèves ont été encadrés par une équipe pédagogique afin d’avancer ensemble sur la problématique : Fabien Leurent, Directeur adjoint du Laboratoire Ville Mobilité et Transports a été le chef d’orchestre pour ce sujet et a su motiver des chercheurs, des doctorants et des professeurs.
Ensemble, ils ont disséqué la problématique d’un tel système de transport pour la desserte d’une gare ferroviaire à fonction urbaine et régionale.

Deux sites d’implantation ont été étudiés, d’une part un disque de 3 km de rayon autour de la gare Noisy-Champs sur la ligne du RER A, et d’autre part le campus de l’université Paris-Sud, entre le plateau de Saclay et la vallée de Chevreuse (l’Yvette). Les stations d’accès au PRT ont été identifiées comme le point crucial – véritablement le nœud du problème : à la fois pour l’insertion urbaine car une station servie en dérivation de la voie principale augmente le gabarit en largeur, et pour l’attraction de clientèle par une couverture adaptée du territoire. L’enjeu d’une largeur limitée se répercutera sur la conception même des cabines – pas plus de deux sièges de rang. Les questions de gabarit ont été étudiées en trois dimensions, en conciliant le besoin en largeur, les contraintes de hauteur et le tracé en longueur : en particulier les bretelles de station et les virages déterminent des rayons de courbure et des ralentissements de vitesse, afin de limiter l’accélération centrifuge imposée aux voyageurs. L’infrastructure a fait l’objet d’une modélisation mécanique, afin d’étudier la déformation de la poutre au passage des cabines en fonction de l’espacement des piliers, ainsi que de l’épaisseur et de l’espacement des traverses solidarisant les poutres des deux sens de circulation.
Des tracés avec localisation de stations ont été proposés pour chaque site. Autour de Noisy-Champs, une première enquête de demande potentielle a été réalisée afin d’estimer le consentement à payer des voyageurs qui fréquentent la Cité Descartes. Enfin, des éléments de communication ont été élaborés afin de proposer un tel système à des collectivités territoriales et des aménageurs.

A l’issue de ce projet, et à partir des résultats obtenus, la Start-up Supraways disposera de meilleurs arguments dans son démarchage de territoires et de financeurs, afin d’implémenter un prototype qui constituera une « vitrine technologique » destinée à convaincre d’autres investisseurs.
Les étudiants témoignent pour leur part « apprendre beaucoup plus, et de façon appliquée, que dans le cadre d’un cursus classique ». Ils sont en effet amenés à s’acculturer en profondeur aux Transports, à rencontrer une variété d’interlocuteurs externes, que ce soit au Ministère chargé du développement durable ou certaines mairies (pour l’approche « institutionnelle » du sujet) ou des experts sollicités par le LVMT sur des spécialités avancées, telles que les Transports avec Railenium, la Mécanique ou la Communication.
Ce projet a servi à titre expérimental. Le résultat probant encourage à poursuivre cette dynamique, afin de servir à la fois les besoins complexes d’entreprises et la formation des étudiants, sur des sujets pointus et innovants. L’expérience sera renouvelée en 2016-2017, en l’étendant à plusieurs sujets, et en anticipant le semestre de production par un module préparatoire au premier semestre.

N’hésitez pas à contacter la Fondation (fondation@enpc.fr) si vous souhaitez en savoir plus sur ce projet, ou si vous souhaitez confier une problématique « entreprise » à adresser dans le cadre d’un tel dispositif.

Auteurs: Fabien Leurent – Marie Mathieu Pruvost – Pierre-Adrien Collet – Hanna Satsou