• Elève ingénieur
• Parrain d'un élève bénéficiaire du programme Ambition Grandes Ecoles

Entretien de Yassine Guennouni-Assimi par la Fondation des Ponts.

Moi, c’est Yassine. Je suis franco-marocain et j’ai passé toute ma vie au Maroc avant la prépa. J’étais dans une école française là-bas. Ensuite, je suis venu en France pour faire une prépa à Nancy, puis j’ai intégré l’École des Ponts. C’était une prépa MP : des maths, encore des maths… toujours des maths.

Ça fait donc peu de temps que tu es en France, finalement ?

Oui, ça va faire bientôt deux ans. Avant, quand je venais en France, c’était pour deux semaines, en vacances. Mais je connaissais bien la France : mon père est français, et dans le lycée français au Maroc, j’avais des profs français. J’ai donc toujours été un peu baigné dans la culture française.
Mais vivre en France en continu, c’est différent. Beaucoup de choses changent, surtout l’éloignement de mon pays d’origine. Au début, c’est dur : être loin de la famille, des amis. Il y avait des moments compliqués, parce qu’on ne voit plus sa famille tous les jours et, du jour au lendemain après le lycée, on se retrouve seul. On doit se prendre en charge rapidement, devenir indépendant.
C’est difficile aussi parce qu’en prépa, la plupart des élèves viennent des alentours, alors que moi non. J’avais des problématiques que les autres n’avaient pas, et j’avais parfois l’impression d’être dans un monde totalement différent.

Ça me fait penser à un autre étudiant, Nicolas Velasquez. On a fait une interview avec Nicolas, il venait de Colombie et disait avoir eu plus de difficultés en cours. Il devait apprendre le français, bien sûr, mais il comparait aussi le niveau de l’ingénierie en Colombie et en France. Il pensait que ce serait similaire, et en fait, c’était beaucoup plus dur ici. Tu as ressenti ça, toi aussi ?

Moi, j’étais au lycée français, donc j’ai passé le bac français. Mais au Maroc, le bac marocain va généralement plus loin que le bac français. On évolue dans un niveau où on est poussés à aller un peu plus loin dès le départ.

Donc finalement, c’est l’inverse, c’est plus facile en France qu’au Maroc ?

Je ne dirais pas que c’est plus facile. Disons qu’on savait que ce serait dur, et on avait été entraînés pour ça.

Toi, dans la vie, qu’est-ce que tu fais ? Tu as des passions, des hobbies ? Qu’est-ce qui t’a fait choisir ce cursus?

Au lycée, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. Je me suis dit que je ferais quelque chose qui m’ouvre le plus de portes en France : l’ingénierie. J’ai donc choisi la prépa, ce qui m’a semblé assez naturel. Je me considère aussi privilégié : mon père a fait une grande école d’ingénieur en France et ma mère est médecin, donc tous les deux ont suivi de longues études. Quand j’ai commencé la prépa, je n’avais pas le temps pour des hobbies, je n’avais pas de vie sociale, il n’y avait que les cours.

“Quand j’ai commencé la prépa, je n’avais pas le temps pour des hobbies, je n’avais pas de vie sociale, il n’y avait que les cours.”

À cause de la difficulté de la prépa ?

Oui, j’étais concentré à fond sur les cours, mais surtout, tu arrives dans une ville où tu ne connais personne. Les autres, eux, ont déjà leurs habitudes, leurs amis d’enfance… Pour toi, dans une nouvelle ville et un nouveau pays, il faut beaucoup de temps pour construire de nouvelles routines. Et au final, tu te rends compte que la prépa est déjà terminée avant même d’avoir vraiment eu le temps de t’installer.

Et tu vivais où ?

En fait, on ne m’avait pas donné le droit d’aller en internat, ce qui était assez drôle. Je pensais qu’il suffisait de venir de loin pour pouvoir y accéder, il fallait juste indiquer la distance entre notre domicile et la prépa. J’avais mis 2 700 km, puisque je viens du Maroc et que je devais aller étudier à Nancy… et au final, ils ne m’ont pas pris. Ils ont pris des gens de la même ville que l’école. C’était assez particulier, ça m’a surpris, mais au final, ce n’était pas plus mal.

Ce n’est peut-être pas plutôt lié aux revenus financiers ?

Même pas. Si ça avait été uniquement une question de revenus, je pense que j’aurai pu bénéficier de l’internat.

À Nancy, pour se faire des amis, c’est peut-être plus facile qu’à Paris, vu que c’est une petite ville ?

Oui, c’est une petite ville étudiante. Après, le problème, c’est que les étudiants des autres filières, comme la fac de droit, ont leurs propres événements et routines. Du coup, on ne les croise pas forcément beaucoup. Et même si tu participes à une sortie ou rencontre, ça reste ponctuel, parce que rapidement il faut retourner travailler.

Tu t’es mieux senti quand tu es arrivé à l’École des Ponts ?

Oui, parce que je voulais faire des choses qui me tenaient à cœur. Je ne suis pas vraiment très soirées, etc., et en prépa, je sentais que j’étais assez privilégié de pouvoir étudier sans me soucier d’autre chose. En prépa, je passais devant des mendiants dans la rue et je ne pouvais rien faire, à part donner de l’argent.

Quand je suis arrivé à l’École des Ponts, j’ai voulu m’impliquer dans des projets plus solidaires. En première année, toutes les semaines, j’essayais de faire des maraudes. Cette année avec un autre étudiant, nous nous occupons des maraudes avec l’association Develop’Ponts. Ensuite, il y a eu le tutorat avec un élève du programme Ambition Grandes Écoles et le projet de construction de classes au Sénégal. J’ai essayé de m’engager dans tout ça.

Donc c’est parce que tu voulais t’investir dans des actions sociales que tu as fait du tutorat ?

Oui, parce qu’en prépa, j’ai réalisé que je n’avais pas forcément compris toute la partie coaching dont les étudiants ont besoin. Je voyais des camarades qui réussissaient à entrer dans certaines écoles parce qu’ils étaient accompagnés en permanence, coachés sur place. Moi, je n’avais que des proches au téléphone, et c’était surtout pour prendre des nouvelles, parler de la vie quotidienne.
Je me suis rendu compte que l’accompagnement est important. En prépa, j’avais pas mal d’amis qui ont fait des dépressions assez graves.

Ce sont des amis du Maroc qui sont venus étudier aussi en France ou dans un autre pays ?

Oui, des amis du Maroc, mais aussi des amis français qui avaient vécu en France. Je trouvais ça dommage parce que c’étaient des gens vraiment brillants. Au lycée, il y a des sortes de concours pour évaluer le niveau des élèves. J’avais un très bon ami qui, au lycée, était classé parmi les meilleurs élèves français. En prépa, il a fait une dépression parce qu’il n’avait aucun accompagnement.
En prépa, tu es dans une bulle de travail, tu sors peu. Il ne savait pas comment s’y prendre, et en un an et demi, il n’avait pas vu ses parents. Le problème, c’est que si on ne te donne pas un peu les « rouages », tu ne peux pas te débrouiller seul. Et ces manques coûtent cher psychologiquement. Beaucoup pensent qu’il suffit de travailler, mais si on oublie les besoins humains derrière, au bout de trois mois, on est épuisé.

“Beaucoup pensent qu’il suffit de travailler, mais si on oublie les besoins humains derrière, au bout de trois mois, on est épuisé.”

C’est un peu comme un confinement pendant le Covid : tu es seul dans ton appartement à travailler, tu ne vois personne.

Exactement. Et en plus, on est constamment comparé, parce qu’à chaque DS, on a une note. Même si on a de bons résultats, ça ne veut pas dire qu’on se sent bien. Mon ami, par exemple, était premier de sa classe en première année, mais il n’a pas pu finir. Il n’avait pas vu sa famille, n’avait pas d’équilibre, et ne savait pas où concentrer ses efforts. Venir d’une prépa de province signifie aussi qu’il fallait déterminer certaines choses soi-même. Il fallait chercher les informations. Je pense que s’il avait eu cet accompagnement, il aurait pu finir et réussir les meilleurs concours.

Qu’est-ce qu’il est devenu, ton ami ?

Il a arrêté la prépa. Il a traversé une période très difficile, avec des pensées très noires. Finalement, il s’est rattrapé en intégrant une école post-bac qui a accepté de le prendre. Pour moi, c’est un gâchis, parce qu’il avait vraiment tout pour réussir. C’est ce qui m’a donné envie d’accompagner un élève.

Comment as-tu entendu parler du programme Ambition Grandes Écoles ?

C’était pendant la rentrée de première année aux Ponts. Il y avait un amphi en début d’année sur les associations, et j’y suis allé. Ça m’avait beaucoup parlé, parce qu’en rentrant ici et jusqu’à aujourd’hui, je pense à devenir prof. Du coup, je me suis dit : pourquoi ne pas aider quelqu’un à peu près dans la même situation que moi, qui vient d’un établissement ou d’un milieu non promis à faire des grandes écoles ?

Comment ça se traduit, être parrain pour un élève ? Qui est cet élève que tu as parrainé ?

C’était un élève du lycée François 1er à Fontainebleau (77).  Si des élèves de sa prépa réussissent à intégrer une grande école, c’est quasiment impossible, tu serais vu comme un alien. Et c’était assez drôle, parce qu’il était dans la même prépa que celle qu’avait faite mon père. L’élève venait d’un milieu assez modeste. Il était dans la même filière que moi. Concrètement, on se voyait une fois par semaine, pour des séances de deux à trois heures.
Ce que j’essayais de faire, c’est lui montrer que, dans les prépas de province, le niveau en maths et physique est bon, et c’est ce qu’il faut pour les concours.

Mais ce n’est pas seulement les maths et la physique. Derrière, en prépa de province, on peut vraiment se casser la figure en français, en anglais, etc. Parfois on se ramasse lamentablement sur ces autres matières, c’est un peu au petit bonheur la chance. Par exemple, un copain de prépa avait 16/20 en français pour X–ENS, ce qui est énorme, et à CentraleSupélec il avait 3/20. On n’était vraiment pas rodés pour ces matières-là.
Du coup, ce que j’essayais de faire, c’est travailler avec mon élève sur les matières qu’il ne travaille pas forcément en prépa à Fontainebleau, notamment le français et l’anglais. Au début de l’année, il me disait qu’il n’avait pas lu tous les livres et qu’il n’avait pas travaillé les citations, qui sont la base. Je me suis dit : OK, il y aura du boulot.
Concrètement, j’avais dit acheté un livre de français que j’utilisais en prépa et je lui avais dit : « Chaque semaine, tu vas te débrouiller, mais tu vas me sortir trois citations que tu juges intéressantes, et tu vas les apprendre. On fera une liste. » À partir de cette liste, je lui donnais un exercice de mobilisation de citations.
Je l’ai aussi aidé en anglais, parce qu’il faut un peu de culture générale. On faisait des fiches avec les événements importants à connaître, qu’il pouvait utiliser en colles et pour ses écrits. Et bien sûr, pour les maths, je lui donnais des exercices classiques et je les corrigeais.

Est-ce que ça s’est traduit par de meilleures notes ? As-tu vu une différence grâce à ton accompagnement ?

En français, il se sentait plus en confiance. Il a eu, je pense, deux DS en français : le premier au début de l’accompagnement, et le deuxième à la fin. Et au deuxième, il avait eu de meilleurs résultats qu’au premier. Après, ce que j’ai réalisé, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui sont un peu prédisposés à bien travailler en prépa. Pour lui, ça n’allait pas de soi qu’il fallait travailler le français, il fallait vraiment le lui rappeler. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de la chance qu’on a : notre réussite dépend énormément du milieu d’où l’on vient, de comment on nous a fait étudier et accompagné.

“C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de la chance qu’on a : notre réussite dépend énormément du milieu d’où l’on vient, de comment on nous a fait étudier et accompagné.”

Et comment as-tu choisi cet élève-là ?

De manière assez aléatoire. Il fallait juste qu’il soit dans une filière proche de la nôtre. Pour moi, c’était parfait, c’était exactement la même filière que la mienne. Je pense que n’importe qui aurait pu convenir.

Vous avez construit une relation tous les deux ?

Bien sûr, on s’attache à la personne. Maintenant, il a intégré une école, mais on est toujours en contact.

Quelle école fait-il maintenant ?

Il a loupé de peu le concours des Mines parce qu’il a un peu pêché en français mais a intégré l’ENSIIE à Évry (91). Il était super content. Après, je m’en voulais un peu de ne pas avoir été meilleur pendant le tutorat.

Et toi, ça te prend quand même du temps, tu me disais entre deux et trois heures par semaine. Ça n’a pas trop impacté ta formation ?

Pas vraiment. Comme je ne suis pas très soirées, tout ce que je faisais dans le social, c’était un peu ma seule occupation. Et j’ai énormément appris en faisant ça : comment expliquer à quelqu’un, comment l’aider à travailler sans le brusquer. Pour moi, c’était vraiment positif. Puis, comme je faisais des exercices ou des fiches avec lui, c’était aussi un vrai plaisir.

Ça t’a conforté dans l’idée que tu veux être professeur ?

Oui, ça m’a conforté. Parfois, je dis à mes amis: j’ai l’impression que j’ai besoin d’un métier où je sens que j’aide les gens, que je sers à quelque chose. La récompense du « merci » m’a vraiment touché, c’était très important pour moi.
Quand j’étais avec mon élève, j’avais juste l’impression que c’était moi un an plus tôt. C’est important, parce que parfois on croit que tout est une question de mérite, alors qu’il y a beaucoup de différences au départ. Certaines personnes ont une longueur d’avance sur d’autres.

Vous vous voyiez physiquement ou en visio, c’était comment ?

En visio, parce que pour moi, il ne fallait absolument pas que le tutorat devienne une galère ou une perte de temps pour lui. C’était aussi beaucoup plus pratique. Par exemple, quand j’ai fait le projet de construction de classes au Sénégal, il avait besoin de moi pour faire certains choix d’école. On s’est mis en visio, et tout a été réglé rapidement.

Qu’est-ce que tu penses du programme Ambition Grandes Écoles ? Tu as vu que ce programme aide des élèves en prépa dans des endroits pas forcément très favorisés, qui ne sont pas destinés à intégrer des grandes écoles. Tu as vu ce que ça peut apporter : visites de campus, parrainage, aide pour les frais de scolarité… Quels sont, selon toi, les points positifs et les points à améliorer ?

Le premier point positif, c’est le soutien financier. On ne peut pas toujours postuler à toutes les écoles pour les concours à cause des frais, et parfois prendre une bourse fait perdre d’autres allocations. Ce programme permet à des élèves de postuler dans des écoles qu’ils n’auraient pas pu envisager initialement. Rien que pour ça, c’est génial, parce que ça leur donne toutes les chances de réussir.
Ce programme permet aussi d’amener des personnes avec des points de vue très différents. Normalement, la plupart des élèves viennent du même milieu social.
Je me rappelle un truc assez marquant : on venait juste d’arriver à l’école et on avait un cours de sciences humaines et sociales. Le prof nous expliquait que, même si on se sent légitime d’être dans cette école, pour la plupart, c’est quelque chose qu’on a un peu hérité implicitement. Il nous a montré qu’en France, on a beaucoup plus de chances de réussir dans une grande école si nos parents ont fait de longues études. Au début, on pensait qu’il exagérait. Puis, il a demandé à ceux dont les parents étaient ingénieurs, médecins ou profs de lever la main… et presque tout l’amphi l’a fait.
Ça montre qu’en France, les élèves venant de milieux moins favorisés ont moins de chances d’entrer dans ces écoles. Pourtant, ils ont des points de vue extrêmement pertinents, parce qu’ils ont vécu des expériences différentes. Pour garantir un peu plus l’égalité des chances, je trouve que c’est un super programme.
Après, un point à améliorer serait peut-être de leur donner davantage de contacts avec des examinateurs de concours, c’est-à-dire des personnes qui font passer les oraux ou corrigent les écrits.

Dans les grandes prépas, les profs sont souvent des examinateurs, donc les élèves savent exactement ce qu’ils doivent faire grâce aux corrections. En province, ce n’est pas toujours le cas : on répond souvent avec beaucoup de texte, alors que si un examinateur avait corrigé, deux lignes auraient suffi. Ça aide à réfléchir plus vite et à mieux préparer les concours.

Pourquoi, selon toi, est-il important de soutenir ce type d’initiative et d’être parrain ?

Je pense que, d’une certaine manière, mon père, quand il a fait sa classe prépa, avait lui aussi été un peu parrainé. Je crois que je ne serais peut-être pas là si lui n’avait pas eu cet accompagnement. Comme je le disais plus tôt, on entre souvent dans une grande école parce que nos parents y sont passés aussi.

Ton père a pu te raconter l’accompagnement qu’il avait reçu à l’époque ?

Oui, il a été parrainé par une association qui l’a hébergé et nourrie. Ce n’était pas forcément académique, mais c’était un vrai parrainage. Il me disait que sans ça, il n’aurait pas terminé.

Tu me disais que toi, tu n’avais pas eu droit à l’internat, alors que tu venais de loin. Tu avais loué un appartement seul, c’est ça ? Et dans quelle ville ?

À Nancy, qui est une petite ville, dans le centre. Ce n’était pas très cher. J’étais à cinq minutes du lycée, dans une sorte de résidence étudiante où logeaient la plupart des élèves de la prépa qui n’étaient pas pris en internat. Quand on n’est pas pris à l’internat, on n’a droit à aucune aide : on se débrouille tout seul. La prépa, c’est quand même un investissement : il faut payer le logement, les billets de train…

Dans ton cas, comment tu as fait ? Tes parents ont payé ton appartement ou tu avais un travail à côté ?

En fait, je ne pouvais pas travailler à côté, je n’avais pas le temps avec les cours. C’est un parcours académique où il est impossible de cumuler un travail pour subvenir à ses besoins.

Donc, soit tu as une aide financière qui vient d’une école, d’une association ou de tes parents, soit tu ne peux pas faire de prépa.

Exactement. Moi, j’ai pu me concentrer uniquement sur mes études, sans trop me soucier de l’aspect financier. C’est une chance incroyable. La prépa a un coût financier important, surtout quand il faut passer les concours. En plus lorsque tu viens d’une prépa de province, tu as moins confiance en toi, donc tu veux passer les concours de plusieurs écoles ce qui coûte rapidement très cher.

Puis pour le logement, si tu habites loin, il faut louer une nuit d’hôtel ou quelque chose dans le genre ?

Il y avait même des gens qui ne pouvaient pas se loger faute d’argent. Certains prenaient une tente et dormaient dedans, puis le lendemain devaient passer les oraux avec leur tente sous le bras.

Et si quelqu’un hésitait à devenir parrain, que lui dirais-tu pour le motiver ?

Je lui dirais que si cette personne a des valeurs d’égalité des chances, ce programme s’inscrit totalement dans cette logique. Cela permet aussi de créer du lien et, d’un point de vue personnel, on grandit : on apprend à communiquer, à être pédagogue, à s’organiser et à prendre des responsabilités. Le programme intervient juste au moment où on intègre l’école. Du jour au lendemain, on a une responsabilité importante, et ça permet de gagner en maturité.

Le programme est financé par les donateurs de la Fondation des Ponts. As-tu un message à leur faire passer pour les remercier et expliquer l’impact que ça a eu sur toi ?

Quand on intègre l’école des Ponts, on regarde parfois la page Wikipédia des anciens et on voit qu’ils occupent de grands postes et sont très engagés pour des causes. Financer des projets comme celui-ci, c’est prolonger ces valeurs. Les donateurs permettent de réaliser des actions importantes pour une société plus juste. Historiquement, cette école et ses ingénieurs œuvrent pour le bien commun : créer de meilleures infrastructures, réguler les territoires, relier efficacement les zones excentrées. Le pont, symbole de l’école, relie deux territoires éloignés ; c’est un peu la même chose avec ce programme : on relie des jeunes de milieux moins favorisés à des écoles d’excellence. Soutenir un programme comme celui-ci, c’est comme une version 2.0 de cet héritage. Et si on a vécu un parcours similaire, parfois difficile en prépa, cela revient simplement à aider quelqu’un qui était exactement dans la même situation que nous.

“Le pont, symbole de l’école, relie deux territoires éloignés ; c’est un peu la même chose avec ce programme : on relie des jeunes de milieux moins favorisés à des écoles d’excellence.”

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